Dans un projet de règlement voté le 6 février au Parlement, les députés ont soutenu l’établissement de limites au bruit des moteurs de véhicules, qui affecte la santé des personnes. La proposition comprend, également, des mesures telles qu’un système d’étiquetage du bruit pour les nouveaux véhicules, et fixe des normes pour les voitures électriques et hybrides qui sont suffisamment audibles pour les piétons.

Les méfaits de la nuisance sonore

Une exposition continue à des niveaux élevés de bruit de la circulation peut épuiser les réserves physiques, perturber le bon fonctionnement des organes et entraîner le développement de maladies cardiovasculaires, entre autres problèmes. Selon des recherches menées par l’Agence européenne pour l’environnement, la moitié de la population urbaine de l’UE est exposée à des niveaux sonores supérieurs à 55 décibels en raison du bruit des véhicules. Le rapport adopté par les députés aujourd’hui – par 401 voix pour, 228 contre et 20 abstentions – vise à renforcer la santé publique contre les effets négatifs du bruit de la circulation. Le rapporteur Miroslav Ouzký (ECR, République tchèque) a déclaré lors du débat précédant le vote que « cet impact a été scientifiquement prouvé (…), mais la proposition législative est entièrement axée sur le bruit généré par le moteur du véhicule ». La prochaine étape de ce processus est la négociation d’un accord entre le PE et les États membres de l’UE.

Des niveaux sonores plus stricts

La première phase de réduction s’appliquera aux nouveaux modèles de véhicules et la seconde à tous les nouveaux véhicules mis en service. Le texte approuvé propose, également, d’introduire de nouvelles limites six et huit ans après son entrée en vigueur. La limite pour les voitures standard sera ramenée de 74 à 68 décibels et les véhicules plus puissants ne pourront bénéficier que de 2 ou 6 décibels supplémentaires. La limite pour les poids lourds (plus de 12 tonnes) restera à 81 décibels.

Les députés ont, également, reconnu que le bruit des véhicules est affecté par le revêtement de la route, le bruit des pneus et l’aérodynamisme.

Afin de sensibiliser les acheteurs potentiels au niveau sonore des nouveaux véhicules à moteur, le règlement propose l’introduction d’un système d’étiquetage similaire à celui utilisé pour indiquer la consommation de carburant, le bruit des pneus et les émissions de CO2. Les députés suggèrent, également, que cette information soit disponible sur le matériel promotionnel technique, dans les points de vente.

Dangereuses parce que silencieuses

Un autre sujet de préoccupation reflété dans le règlement est que le moteur des voitures électriques et hybrides est si silencieux qu’il peut constituer une menace pour les piétons. Les députés européens ont, donc, proposé le développement de « systèmes d’alerte acoustique pour véhicules » (AVAS).